Salut les aminches,

Ca faisait une paye que j'avais pas eu le temps de m'occuper de vos papilles, à mon grand dam le temps me manque pour publier la ribambelle de recettes que j'ai accumoncelées ces dernières semaines.

Je commence par la plus urgente, celle qui n'attend vraiment pas puisqu'elle est faite à partir d'une délicieuse plante appelée "Ail des ours" qui pousse dans les sous bois.

Pour la trouver faites comme moi, fiez vous à votre groin: si y'a de l'ail dans l'air, dirigez vous vers les fleurs blanches les plus proches !

Contrairement à moult plantes sauvages qui n'ont d'intérêt que leur sauvageté, l'ail d'ours présente un attrait culinaire unique puisqu'il mêle un goût aillé mais pas envahissant comme les gousses à texture très fondante.

En cette époque électorale morose où la démocratie moribonde semble avoir mis le premier pied dans la tombe, je vais tâcher de vous réconforter avec un potage à l'ail d'ours tout en tendresse printanière et qui, comble de la radinerie gourmette, ne coûte quasiment pas un rouble !

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Les ours ont bon goût...

Pour deux personnes, on fait chauffer un quart de litre de vin blanc avec un demi litre d'eau et un cube de volaille jusqu'à ce que l'alcool soit évaporé et le cube bien fondu.
Prenons ensuite un quart de baguette de pain rassis, on l'envoie patauger au bouillon et quand il est bien ramolli on le mixe impitoyablement au pied à soupe.

A ce stade, on a théoriquement une bouillie pour bébé épaisse qu'on dilue avec un quart de litre de lait et releve avec une cuillère de moutarde à l'ancienne et un peu de poivre pour en faire une boisson d'homme.

Après quelques minutes, le potage est lié et on peut couper le feu, il suffit alors d'y jeter les feuilles d'ail préalablement lavées et ciselées finement, et d'y râper un peu d'Appenzell ou de Gruyère.

Les fleurs peuvent servir à décorer pourvu qu'elles aient été correctement lavées.

Bien qu'il s'agisse d'une soupe, c'est un plat printanier de par sa composition mais aussi de par sa saveur, alors n'attendez pas l'hiver: y'en aura pu !  (j'aurai tout mangé)