(Noix de St Jacques poêlées, compotée de quetsches et crozets au cacao)

Le démon de la création trainait par là , s'emmerdait ferme et surtout, il avait les crocs, genre pas becté depuis quinze jours.

Voyant un pauvre meunier inoffensif, il s'est jeté dessus pour lui chatouiller les neurones et....pondre une recette.

Heureusement pour la créativité, le frigo était presque vide, dans ces cas là on cuisine à l'imagination....un ingrédient que je trouve personnellement fort goûteux.

Nous voilà donc en présence de quelques noix de Saint jacques grosses comme des tournedos: avec quoi les marier ?

Un goût anisé ? Déjà vu
Une sauce aux pommes genre normande ? Usé jusqu'à la corde
De l'exotisme citronné et savamment épicé ? Idem

Et pourquoi pas des prunes ?
Me v'là donc parti à émincer un demi-oignon et à le faire revenir dans un peu de beurre avec une grosse poignée de balosses (pour les ignares, c'est le ptit nom argotique des quetsches)

Quand elles n'en peuvent plus de transpirer et qu'elles commencent à donner un peu de caramel, on leur rince le gosier avec deux verres d'un blanc moelleux ou d'un muscat et on laisse réduire à très petit feu avec quelques pincées de sucre (en cuisant, le vin et les fruits s'acidifient).
Un demi verre d'eau mélangée avec un peu de maïzena pour épaissir le tout, du sel, du poivre (préférence sichuan), un trait de galanga et on obtient une sauce aigre douce qui flaire bon.

Evidemment, on peut se contenter d'accompagner de riz ou d'une autre céréale, mais le démon qui veillait au grain m'a laissé entendre qu'on allait pas se la jouer aussi facile, donc me voilà parti pour faire des crozets, vous savez, ces petites pâtes carrées savoyardes.

Au point où on en est, on va pas non plus faire des crozets comme tout le monde: je me suis donc dit que la prune pourrait bien s'entendre avec le ... cacao !

Un oeuf, de la farine, du cacao amer, un peu de sel, et voilà une pâte d'une couleur très appétissante qu'on s'empresse d'abaisser et de couper en petits carrés.

S'agissant de pâtes fraîches et de saint-jacques, la cuisson est très très rapide (3-4 minutes en tout): il faut donc faire les deux en même temps, jeter les pâtes dans l'eau bouillante et les saint jacques dans une poêle chaude contenant une fine couche de beurre et d'huile.
Les noix sont délicatement retournées à mi cuisson, celle-ci peut se réduire à 1 minute si elles sont de petite taille.

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L'aigre-doux des quetsches, la douceur suave des Saint Jacques, le caractère du cacao...

J'ai servi tout ça dans un assiette préchauffée, avec un verre de tokay pinot gris pour pas se déshydrater (on sait jamais).

S'agissant d'une première ébauche, comme qui dirait un brouillon, toutes les suggestions sont les bienvenues, je pense que le gingembre et d'autres épices pourraient avoir leur mot à dire dans cette histoire.