29 avril 2008
Pesto d'ail d'ours (vaccin anti-roulage de pelle)
Hé non, le yéyé n'a pas passé l'arme à gauche, me revoilà en bonne et difforme pour vous déculotter quelques recettes qui, je l'espère, égaillerons vos gamelles.
Le printemps radieux n'amène pas que ses parfums floraux dont vous vous farcissez sans doute autant le blaze que moi, il y a aussi la cueillette gourmande dont il serait d'autant plus dommage de se priver que la nature nous y invite sans demander la moindre thune.
La gratuité et les vraies choses ne sont plus trop dans l'air du temps, alors courez en forêt pour voir si vous y êtes !
Depuis quelques semaines, les narines aiguisées auront remarqué un appétissant fumet d'ail dans l'air dans certaines zones de la forêt, ça n'a rien d'une berlue olfactive puisqu'il s'agit de l'ail d'ours, une plante alliacée dont les feuilles qui ressemblent à celles du muguet ont le goût de leur parfum.
La souplette dont la recette est présentée ici (http://yeyelemeunier.canalblog.com/archives/2007/05/07/4866286.html) n'est pas la seule façon d'accomoder cette généreuse plante qui s'entend particulièrement bien avec des saveurs montagnardes je trouve.
Aujourd'hui, je vous propose un hybride italo-suisse, un détournement du sacro-saint pesto auquel j'ai eu envie de donner un tempérament hélvète.
Pour le quart d'heure américain, on repassera, mais qu'est-ce que c'est boooon...
Après avoir batifolé dans les bois quelques minutes, on revient avec un sac rempli de feuilles d'ail d'ours et de quelques fleurs.
Une bonne douche là dessus (pas vous, les feuilles, enfin si ça vous a vraiment fait transpirer, vous pouvez en prendre une aussi) histoire d'écarter toute contamination potentielle, surtout dans les zones peuplées de renards, et on peut essorer comme de la salade avant de ciseler grossièrement aux ciseaux.
Les ceusses qui disposent d'un mortier peuvent écraser les feuilles au pilon avec un trait d'huile de noix , et les ceusses qui n'en ont pas ajouteront quelques grammes d'imagination à la recette en utilisant une bouteille de verre et une planche à couper ou tout autre ustensile approprié pour cette opération nécessaire à l'expression totale des parfums de l'ail.
Il ne s'agit pas d'être radin (c'est gratos je vous répète), car une fois écrasées, les feuilles tiennent dans un verre ou deux.
Si tout va comme y faut, on se retrouve avec un galimatia verdâtre d'où un jus non moins verdâtre s'écoule.
Mélangeons tout ça avec une cuillère à café de crème liquide, une autre de moutarde à l'ancienne, une gousse d'ail râpé, un tour de poivre, du sel, une petite poignée de noix et de noisettes concassées (pas en poudre, j'ai dit concassées), et un verre d'Appenzeller râpé.
On mélange, on goûte, on rectifie, et on range cependant que les pâtes cuisent.
Les pennes complètes m'ont semblé vachement appropriées pour cette recette, surtout si vous vous donnez la peine de les remettre un peu sur le feu avec un verre de vin blanc après les avoir égouttées.
On ne lambine surtout pas: le pesto doit immédiatement être mélangé aux pâtes afin de faire fondre le fromage qu'il contient, c'est donc du pesto presto (ouais elle est facile, je l'ai rachetée d'occase à un italien) qu'on se grouille de servir dans les assiettes qu'on décorera avec quelques fleurs d'ail d'ours parsemées ça et là.
08 mai 2007
Pizza printanière (courgettes, chèvre, menthe)
Je profite d'une journée de répit pour vous causer d'une jolie pizza qui régale régulièrement nos boudines de meuniers, par exemple hier.
Légère et riche en parfums, c'est une vraie lady qui charme tous ceux qui la goûtent.
Mâdâme la pizza, une gente dame...
Pour que ça ressemble à ça, vous allez vous baser sur la recette de pâte présentée dans la page suivante:
http://yeyelemeunier.canalblog.com/archives/2006/12/15/index.html
La pâte a été richement dotée en herbes: ne mégottez pas !
Ensuite, on procède très classiquement avec un bête coulis de tomates tel que je vous propose de le faire dans la même recette, mais là encore, faut pas y aller de main morte sur le basilic, on compte sur sa présence pour enrichir le débat.
Après avoir abaissé vos pâtes, et étalé le coulis, déposez de fines rondelles de courgette et de tomate fraiche que vous salerez juste ce qui faut avant de les arroser d'un petit filet d'huile d'olive et d'y parsemer généreusement de la menthe ciselée finement.
Emiettez ensuite des fromages de chèvre frais, moi j'utilise les petits frometons collants en forme de rondelles vendus dans des barquettes; puis ajoutez la mozzarella avant d'enfourner à 300° ou plus si vous pouvez.
La texture douce de la courgette appelle à mon goût un ptit pinard tranquille, bien rond, genre Lubéron ou Ventoux, mais vous pouvez expérimenter ce que vous voulez: je vous répète que c'est une lady qui sait se tenir.
07 mai 2007
Délice du mois de mai: L'ail d'ours
Salut les aminches,
Ca faisait une paye que j'avais pas eu le temps de m'occuper de vos papilles, à mon grand dam le temps me manque pour publier la ribambelle de recettes que j'ai accumoncelées ces dernières semaines.
Je commence par la plus urgente, celle qui n'attend vraiment pas puisqu'elle est faite à partir d'une délicieuse plante appelée "Ail des ours" qui pousse dans les sous bois.
Pour la trouver faites comme moi, fiez vous à votre groin: si y'a de l'ail dans l'air, dirigez vous vers les fleurs blanches les plus proches !
Contrairement à moult plantes sauvages qui n'ont d'intérêt que leur sauvageté, l'ail d'ours présente un attrait culinaire unique puisqu'il mêle un goût aillé mais pas envahissant comme les gousses à texture très fondante.
En cette époque électorale morose où la démocratie moribonde semble avoir mis le premier pied dans la tombe, je vais tâcher de vous réconforter avec un potage à l'ail d'ours tout en tendresse printanière et qui, comble de la radinerie gourmette, ne coûte quasiment pas un rouble !
Les ours ont bon goût...
Pour deux personnes, on fait chauffer un quart de litre de vin blanc avec un demi litre d'eau et un cube de volaille jusqu'à ce que l'alcool soit évaporé et le cube bien fondu.
Prenons ensuite un quart de baguette de pain rassis, on l'envoie patauger au bouillon et quand il est bien ramolli on le mixe impitoyablement au pied à soupe.
A ce stade, on a théoriquement une bouillie pour bébé épaisse qu'on dilue avec un quart de litre de lait et releve avec une cuillère de moutarde à l'ancienne et un peu de poivre pour en faire une boisson d'homme.
Après quelques minutes, le potage est lié et on peut couper le feu, il suffit alors d'y jeter les feuilles d'ail préalablement lavées et ciselées finement, et d'y râper un peu d'Appenzell ou de Gruyère.
Les fleurs peuvent servir à décorer pourvu qu'elles aient été correctement lavées.
Bien qu'il s'agisse d'une soupe, c'est un plat printanier de par sa composition mais aussi de par sa saveur, alors n'attendez pas l'hiver: y'en aura pu ! (j'aurai tout mangé)
15 février 2007
Les nouilles (lasagnes) à la florentine enfin comestibles !
Après une longue et inexcusable absence (merci patron, quel plaisir de travailler pour vous, on est heureux, comme des fous ! Quand on arrive à l'usine, la gaîeté nous illumine, l'idée de faire nos huit heures nous emplit tous de bonheur...ah ah, ah oui...), je reviens avec pour me faire pardonner, une splendide recette.
Comment ça ? Ce mot "splendide" est immodeste, voire prétentieux ?
Pourtant, cette recette dont je ne m'octroie que 20% de paternité, les 80 autres étant à porter au crédit de la région de Florence (non, Florence c'est pas ma copine, c'est une région d'Italie) dont c'est une des spécialités, risque fort d'être le sujet central des prochaines élections présidentielles, puisqu'elle est une des rares candidates à être capable de faire avaler des épinards à n'importe qui !
Il s'agit donc ici de la fameuse garniture Florentine dans sa forme authentique mais améliorée et adaptée aux lasagnes, vous verrez de vous-même que c'est plus réjouissant que la bouse d'épinards flocquée sur un plat de nouilles qu'on a malheureusement coutume de servir dans les restaurants.
Ben oui, on peut faire quelque chose de bon avec les épinards
On m'a réclamé des recettes plus structurées, donc je vais tâcher de récapituler tout ça de façon concise:
Les ingrédients (pour un plat à gratin familial):
- 15 feuilles de lasagnes vertes
- 800 g d'épinards en branches, surgelés ou non
- Un gros oignon
- Environ 300 g de champignons de paris
- De l'origan, du basilic, de la coriandre, de la muscade, du poivre
- Deux oeufs
- Un demi-litre de lait
- 25 g de beurre
- 3 cuillères à soupe de farine
- Une boule de Mozzarella
- Du parmesan
- De la faisselle (fromage blanc non brassé)
- Un tout petit peu de crème (facultatif)
- De l'huile d'olive
- Du bouillon maggi
Le matériel:
- Un plat à gratin familial
- Un Wok ou une sauteuse
- Un four et une cuisinière
- Une cuillère en bois
- Un couteau
- Un tablier
- De l'électricité d'origine nucléaire, ou à défaut un groupe électrogène, du gaz
- Un cuisinier
- Des invités (ben oui, c'est pas pour décorer le salon)- Des danseuses nues
La recette:
Avant toute chose, mettez les oeufs à cuire dur (environ 10 minutes à partir de l'ébullition).
Pendant qu'ils sont au jacuzzi, occupez vous des épinards en les faisant revenir à l'huile d'olive dans le wok avec l'oignon pelé et émincé en fines lamelles.
En fin de cuisson, quand ça a un peu réduit, vous salerez avec du bouillon maggi, et ajouterez un quantité raisonnable de basilic ciselé, d'origan et d'un peu de poivre du moulin.
Normalement, si vous n'avez pas trop lambiné, il est temps d'écaler les zoeufs et de les émietter sur les épinards.
Brassez délicatement et ajoutez une cuillère à soupe de crème si le coeur vous en dit. Goûtez pour rectifier le salage à votre convenance.
N'oubliez de préchauffer le four à 150-180°, parceque si c'est froid, ça cuira pas.
Dans le plat à gratin, disposez un fond de feuilles de lasagnes (inutile de les précuire, je prends des Barilla, ça va très bien)
Déposez environ la moitié de la farce d'épinards sur ce fond, remettez une couche de feuilles, l'autre moitié des épinards, et une autre couche de feuilles.
Coupez les champignons en fines lamelles et disposez les sur les feuilles de lasagnes, râpez dessus vos deux gousses d'ail et tartinez de faisselle préalablement salée et "coriandrée".
Disposez la dernière couche de feuilles de lasagnes.
Préparez une béchamel classique, en faisant fondre 25 g de beurre que vous mélangerez hors du feu avec la farine avant d'y ajouter très progressivement le lait (au début quelques gouttes, n'en ajoutez que si c'est déjà mélangé) et de remettre au feu à épaissir sans cesser de remuer.
Salez, poivrez et saupoudrez de muscade avant de verser sur les lasagnes.
Emiettez la boule de mozzarelle et enfournez.
Servez avec un bon vin ensoleillé, Italien ou non.
Je vous suggère de ne pas insister sur le coté végétarien de cette affaire, pas avant que vos convives n'aient terminé le plat: dites leur seulement lorsque vous verrez leur mine déconfite constater que le plat à gratin est désespérément vide...pas de rab...tout mangé... :-D
09 janvier 2007
Tarte aux endives façon Ch'ti (Bière et Rocroi)
Hou ben ça, ça va plaire aux gourmandes: un truc chaud, parfumé, généreux et qu'a l'air gras alors qu'il ne l'est pas !
Y'a pas que les endives au jambon dans la vie !
J'ai préparé ma pâte brisée au beurre de façon tout à fait classique, avant de la disposer dans un plat à tarte en porcelaine non moins classique.
Une petite astuce au passage pour étaler la pâte: j'utilise une plaque à Flammekueche et Pizza, vous savez, celle qui a 6 rainures pour guider la roulette afin de couper équitablement la tantimolle posée dessus.
Eh bien je retourne cette plaque, je la farine et j'étale la pâte dessus avec un rouleau en bois très conventionnel, sans poignées ni rien.
Je me fendrai peut-être d'un article technique sur le sujet ultérieurement, parceque je suppose que nombre d'entre vous s'escriment à utiliser l'inommable kit Tupèrouare à étaler les pâtes à tarte (celui qui s'enroule sur lui-même avec votre pâte dessus, celui qui ne veut pas la lâcher, scotché comme du papier tue-mouches...), héritage maudit de tante Eugénie, ou cadeau de mariage typiquement années septante pour mes lecteurs quinquagénaires.
Bref, cette pâte à tarte étant abaissée et disposée dans le moule, je dépose dessus environ un oignon émincé et 4 endives coupées en morceaux et braisées quelques minutes au wok (pour qu'elles dégorgent) sur lesquelles je coule une migaine réalisée à partir de 3 oeufs, de la muscade, de la cannelle, du carvi, de la bière brune ou ambrée (environ un ou deux verres de Jenlain), une cuillère de moutarde et un peu de Maggi.
Evidemment, les endives ne sont pas encore salées et qu'il faut donc prévoir un léger excédent de salage dans la migaine que vous aurez préalablement goûtée avant de la verser.
Enfournez à 150° pendant le temps qu'il faut (comptez une bonne demie-heure) et 5 minutes avant la fin, garnissez de lamelles de fromage de Rocroi, pour ceux et celles qui ne connaissent pas, c'est un Maroilles tout à fait naturel et ancestral qui a la particularité de ne pas comporter de graisse.
Ca n'est donc pas un fromage allégé, mais tout simplement un fromage léger dès sa création (même si les gens du marketing de chez Lesire ont jugé pertinent de mentionner "Light" sur la boite).
Puisque ce n'est pas gras, je vous conseille de ne pas lésiner et de finir la boite le soir-même, car la mauvaise haleine de ce fromage va à coup sûr envahir votre réfrigérateur.
Est-il utile de préciser que ce genre de préparation se déguste avec une bonne bière ambrée comme la Septante-cinq ?
Récapitulatif des ingrédients:
- Un fromage de Rocroi ou à défaut, un Maroilles (choléstérock'n roll)
- 4 endives
- 3 oeufs
- Un ou deux verres de bière brune ou ambrée
- Une pâte brisée ou 30g de beurre, 3 verres de farine, de l'eau et du sel
- Carvi, Cannelle, Poivre, Moutarde, bouillon Maggi, éventuellement un peu de chicorée en poudre.
05 janvier 2007
La cacasse à cul nu des Ardennes
C'est pas parceque l'hiver a une tronche d'automne qu'on n'a pas le droit de se réchauffer !
Alors pour cadrer avec l'esprit post-fêtes (lorsqu'on cherche à prolonger la chaleur d'être ensemble sans continuer dans les excès), voici un plat typique des Ardennes et de ma jeunesse.
"Ze" Cacasse: une reine dans des guenilles
Ne cherchez pas la viande, si elle est à cul nu cette cacasse, c'est bien parcequ'il n'y pas de bidoche pour l'habiller !
Je vois venir les esprits chagrins qui se disent dores-et-déjà qu'un plat de patates, ça doit être bien triste...
Eh bien détrompez vous ! La cacasse à cul-nu fait l'objet d'un véritable culte chez pas mal d'ardennais et c'est parfaitement mérité, le chauvinisme n'a rien à voir dans l'affaire.
Tout est dans la cuisson et les aromates qu'on met en oeuvre, le graal de la cacasse est un ragoût crémeux de patates fondantes, parfumées d'herbes et à déguster avec un bon vin de meuse.
Bon, assez causé, je vous déculotte la recette pour deux personnes:
- Epluchez et coupez en gros cubes de bonnes grosses patates (environ 1 bon kilo) de variété à cuire à l'eau
- Epluchez et émincez 4 ou 5 oignons (oui oui, tout ça)
- Dans une cocotte sur feu doux, faites dorer légèrement 4 ou 5 cuillères à soupe de farine, laissez tiédir
- Ajoutez du beurre à fondre pour former une pâte collante de couleur rousse
- Versez quelques gouttes d'eau puis 4 ou 5 verres progressivement en mélangeant pour former un liquide non visqueux.
- Versez les patates et les oignons, ajoutez moult feuilles de laurier, du thym, du poivre, du sel (4 cuillères à café environ)
- Mélangez délicatement et ajouter du vin blanc et de l'eau de manière à presque couvrir les patates.
Laissez cuire à couvert à feu très doux pendant 1h à 1h30 sans JAMAIS remuer.
Pour vérifier la cuisson, prenez simplement un couteau et voyez s'il rentre sans effort dans les patates.
La sauce étant saturée par la farine, vous verrez que les patates seront fondantes, mais pas cassantes comme elles le sont dans le cas d'une cuisson à l'eau.
Servez avec une bonne salade d'endives ou de pissenlits à l'huile de noix et vinaigre, n'oubliez pas l'incomparable moutarde de Reims et l'indispensable pinard de Meuse qui a son mot à dire !
15 décembre 2006
Faire de la pizza non génétiquement modifiée
Il est très courant de lire ou d'entendre des gens expliquer leur recette de pizza à base de pâte brisée, jambon carré, concentré de tomates et emmenthal râpé.
Ce n'est pas de la pizza.
C'est peut-être très bon, allez savoir, mais ce n'est pas de la pizza.
La pizza du restau, c'est une pâte levée badigeonnée d'une réduction de tomates, puis garnie de ce que vous voulez (bon, évitez la choucroute ou le boeuf bourguignon quand même) avant d'être couverte de mozzarella émiettée.
Ce n'est, parait-il, pas ZE pizza italienne, mais au moins c'est la pizza telle qu'on a l'habitude de la consommer en France et donc de croire qu'elle est comme ça aussi en italie.
Bon, vu qu'on n'est pas là pour causer chiffons, je vais déculotter ma recette de pizza, qui ne sort d'aucun livre, mais uniquement de plusieurs années d'expériences très très pénibles puisqu'il faut goûter à chaque fois (pour ceux qui se grattent le crâne, c'est de l'humour).
Toutes les quantités sont données pour deux belles pizza (ou pizzE comme on dit pour faire croire qu'on cause Italien).
La recette:
On commence par prendre un sachet de levure déshydratée toute bête (ne pas confondre avec la levure schmilblick chimilimilique qui n'a rien à voir) qu'on verse dans un verre contenant environ un tiers d'eau de bouteille et une demie cuillère à café de sucre et disposé dans un bol contenant lui de l'eau chaude.
On touille bien pour réhydrater les levures et on les laisse batifoler dans cette ambiance torride pendant quelques minutes au bout desquelles elles auront appelé des renforts et seront prêtes à en découdre avec l'amidon de la farine pour lever cette pâte qui sent si bon.
Pendant que ça gonfle, il ne s'agit pas de tailler la bavette ou de feuilleter un magazine, faut préparer la farine (comptez 10 cuillères-dosettes de farine ou 3-4 verres pour deux belles pizza) en la mélangeant avec des herbes (basilic, marjolaine, thym, à doser en fonction de la garniture) et du sel à la fourchette, dans la jatte où nous préparerons la pâte:

La farine, les herbes et le sel
Comme ça prend pas beaucoup de temps, vous pouvez aussi huiler et fariner les moules à pizza.
Si vous n'avez pas de moule à pizza, sachez que ça ne coûte qu'une misère et que ça simplifie considérablement la réalisation de pizza et FlammeKueche.

Un chiffon imbibé d'huile d'olive
A ce stade, la levure est presque prête, il nous reste quelques minutes pour émincer les oignons, mixer une boite de tomates pelées et mettre tout ça à réduire avec un ou deux morceaux de sucre et de l'huile d'olive à feu doux, de préférence dans un wok.

Chéri je vais rétrécir les tomates !
Nous pouvons maintenant retrousser les manches et nous attaquer à la pâte.
Dans le saladier de farine et d'herbes, cassons un oeuf, versons un filet d'huile d'olive et le verre de levure et commençons à mélanger grossièrement à la fourchette.

C'est pas encore de la pâte à pizza...
Il faut à coup quasi sûr ajouter de l'eau pour former une pâte collante qui ressemble à ça:
Ne mélangez surtout pas trop longtemps, la pâte doit rester collante et surtout pas élastique.
Farinez immédiatement et très généreusement et ramenez à la fourchette la pâte de manière à former une boule.
Passez votre main sous la boule pour la replier une fois, farinez un peu si nécessaire et repliez encore quelques autre fois de manière à former une boule molle mais pas élastique qu'on peut tenir en main:
Sans aucune pitié, on coupe cette boule dont on dépose chaque moitié sur deux moules à pizza.
On abaisse simplement ces boules directement dans le moule avec un rouleau en bois ou une bouteille en verre bien propre:
Pendant ce temps, votre réduction aura...euh...réduit et vous pourrez alors la saler et y ajouter les herbes de votre choix avant de l'étaler à la cuillère sur les deux pâtes.
La garniture est à votre convenance, je ferai quelques autres suggestions ultérieurement.
Comptez environ 10-15 minutes de cuisson à four très chaud, perso je mets th 11 (330°) dans mon petit moulinesque à chaleur tournanto-rotative.
Puisqu'il faut illustrer, aujourd'hui il s'agit d'un thème grec à base d'aubergines en rondelles fines, avec du paprika, du chèvre (ou de la fêta), des olives et de la marjolaine:

La reine de la soirée (mais non chérie, sois pas jalouse)
05 décembre 2006
Millefeuilles légumesque
Conjuguez un besoin créatif et une envie de légumes doux, sucrés , chauds et généreux qui changent de l'esprit "brocolis à l'eau de vittel" qui teinte un peu trop souvent les recettes végétariennes: la réponse peut prendre la forme d'un plat de lasagnes ! (en tous cas c'est comme ça que ça s'est passé dans mon histoire)
Lasagnes légumes powaaa !
J'ai donc fait revenir quelques instants au wok dans de l'huile d'olive:
- Un poireau ciselé
- trois carottes de qualité hachées
- quelques petits navets hachés
- un oignon et une échalote émincés
- une poignée d'haricots verts crus coupés en morceaux de 1 cm
J'ai ensuite noyé tous ces légumes avec le contenu mixé d'une boite de tomates pelées.
Comme d'habitude (je vous l'ai pas déjà dit ?) avec les réductions de tomate, on limite la puissance du feu, on oublie pas les deux petits sucres pour combattre l'acidité ni la grille anti-projections ou alors la planification d'un créneau horaire pour la bonne séance de nettoyage des environs immédiats de la cuisinière.....dommages colatéraux...
Pendant ce temps, le four monte en température et votre meunier émince de bons champignons de paris et touille une béchamel à la muscade.
Lorsque la réduction est prête (comptez 15 minutes au wok), on lui sale le bec avec quelques gouttes de bouillon maggi, et on n'oublie pas l'origan, le thym , le basilic, et le carvi qui sont fous amoureux de ces légumes !
Pas besoin d'avoir bac +12 pour faire le montage des lasagnes qui est tout ce qu'il y a de plus classique, à ceci près que la dernière couche avant la béchamel est faite d'un mélange de champignons, carvi, faisselle et sel.
Comme vous êtes gourmands aussi, vous vous dites que ça serait pas mal d'y mettre de la mozzarella et du parmesan, rassurez vous, c'est ce que j'ai fait avant d'enfourner !
Servi avec quelques rondelles de citron et un vin rouge généreux et sucré (genre Ventoux), ce prototype de millefeuilles a dépassé nos espérances, alors encore une fois: essayez, modifiez et faites moi part de vos commentaires et suggestions !
15 novembre 2006
Cocotte de choux de bruxelles: flatulons gaiement !
Bon, j'ai eu la flemme de faire une photo qui de toutes façons n'aurait pas apporté grand chose.
Alors faut me croire sur parole si je vous dis que c'est bon !
On commence par faire cuire en cocotte des lentilles vertes dans un bouillon de boeuf ou de légumes (Maggi), vin blanc, laurier, thym pendant environ 15 minutes, de préférence à découvert, car le bouillon ne doit pas être trop excédentaire et réduire si nécessaire.
Au bout de ces quinze minutes, on ajoute des pommes de terres coupées en morceaux grossiers, un oignon émincé, les choux de bruxelles et trois cuillères à soupe de moutarde, et on couvre pour que ça étuve, en surveillant tout de même de temps en temps qu'il reste suffisamment de bouillon.
J'insiste sur le fait que la moutarde doit être incorporée à ce moment, car elle doit cuire pour s'adoucir.
Un autre quart d'heure plus tard, on ouvre la cocotte, et si tout va comme y faut, ça doit être cuit, il est temps de passer la pommade : on ajoute donc deux cuillères à soupe de crème, un peu de curry, du carvi, du cumin moulu, du poivre, du sel (si le bouillon n'est pas assez salé), on mélange délicatement pour napper et il est alors temps de servir.
Vous aurez compris que c'est vite fait et que ça nourrit le bonhomme sans l'engraisser.
Par contre ce que vous n'aurez sans doute pas percuté immédiatement, c'est qu'il s'agit d'un plat dit "de plein air", qui nécessite impérativement des activités extérieures et exclut le huis clos pendant au moins une journée, malgré leur apparence, les choux de bruxelles sont effectivement remplis de gaz comme des petits ballons...
Mais bon, rassurez vous, on est loin de la virulence des topinambours, les choux de bruxelles sont des petits gars polis...
12 novembre 2006
Strasbourg est en Italie, pas loin de Brest...
Une journée de boulot à poser du carrelage s'achève davantage avec une faim de loup qu'avec une envie de cuisiner.
On évoque donc de bonnes lasagnes à la Florentine mais on n'a pas assez d'épinards et d'oeufs, de Flammekueche mais on n'a pas de munster, de galettes de sarrasin mais c'est long à préparer....bref, un grand classique que tout le monde connait et qui rappelle un peu les blagues russes genre "si on avait du jambon, on ferait un sandwich, mais on n'a pas de pain".
Quand on n'a pas de pétrole, faut avoir des idées, on nous l'a assez dit !
J'ai donc décidé de faire un cocktail de nos envies en créant une Flammekueche au sarrasin avec garniture Florentine :
Flammekueche de sarrasin, garniture florentine
Tout ça est donc assez simple à réaliser, la pâte n'est qu'une pâte à pain préparée avec 80% de farine de sarrasin et 20% de froment, du sel et de l'eau.
Pour plus de facilité, j'étale toujours mes pâtes à pizza et à Flammekueche directement dans les moules à pizza, c'est extrêmement rapide, propre et facile à faire, avec un bémol pour la pâte de sarrasin qui est assez collante, il faut fariner généreusement pour qu'elle ne s'attache pas au rouleau.
J'ai ensuite mélangé des épinards avec un oignon haché, deux gousses d'ail hachées, du basilic, de l'origan sauvage, de l'huile d'olive, du sel et deux oeufs durs émiettés.
Pendant que le four chauffait à fond les manettes, j'ai tartiné de faisselle les deux tantimolles de sarrasin et les ai garnies de la farce d'épinards, avant d'y jeter les champignons de paris coupés en lamelles et de râper du parmiggiano.
On envoie tout ça se faire dorer la pilule au soleil du four et 30 minutes après avoir dégainé le couteau, on est prêt à s'empiffrer !
Après l'effort, le réconfort...
Le tout a été très apprécié, malgré son coté expérimental, et la pâte au sarrasin s'en sort avec mention "à réitérer", sa texture tendre et douce est très agréable en bouche, n'hésitez surtout pas à tenter l'expérience.














